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Marché des Soies

Aujourd’hui, j’ai fait un petit tour au Marché des Soies à Lyon.

Outre le plaisir des yeux et du toucher avec cette magnifique collections de soieries et tissus : mousselines, satins, satins duchesse, taffetas, crêpes, velours (dévorés ou non), voiles, étamines, tweeds, … dans un cadre magnifique …

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Salle Corbeille – Palais de la Bourse et du Commerce de Lyon

… le Marché a aussi été l’occasion de satisfaire ma curiosité sur l’origine de la Soie.

En effet, un atelier animé par un Sériciculteur-Graineur passionné (Lyon Vers à soie) permet de comprendre la fabrication du fil de soie par les vers à soie.

Un deuxième atelier présente une exposition deux méthodes traditionnelles d’impression de la soie.

Sériciculteur – graineur : élevage de vers à soie

Au premier abord, il s’agit un atelier présentant des vers à soie vivants, à différents stades: des plus petits vers de quelques mm de long aux grandes chenilles sur les feuilles de mûrier, jusqu’aux papillons, en passant par les cocons. On peut même y observer des œufs.

Cet atelier est déjà super intéressant à la simple observation avec la possibilité donc de voir tous les stades de formation du fil de soie (y compris des cocons en tout début de formation dans lesquels on voit par transparence la chenille en train de baver pour tisser le cocon en formant des 8 pour que le fil ne s’emmêle pas : elle pense à tout!).

Mais si l’on prend la peine de poser des questions à ce monsieur qui sait transmettre sa passion, on peut apprendre des tas de choses vraiment intéressantes!

VersASoie

Atelier du marché des Soies animé par Lyon Vers à soie

Le vers à soie se nourrit exclusivement de feuilles de mûrier. Lorsque la chenille atteint l’âge adulte, elle fixe ses fils à n’importe quel endroit où elle pourra suspendre son cocon entre des « piliers ». Elle bave et forme un cocon en environ 24H. Un cocon est composé d’un seul fil de soie de 1km200! Lorsque le cocon est terminé elle se transforme en chrysalide. Au bout de 12 jours environ, la chrysalide devient un papillon qui sort alors du cocon. Lorsque la femelle papillon sort du cocon elle peut pondre immédiatement. Elle attend juste l’arrivée du mâle :-)

Pour récupérer le fil de soie, il suffit de défaire le travail de la chenille en attrapant le bout du fil et en défaisant le cocon. On réunit alors plusieurs fils et on enroule le tout. On obtient ainsi la « flotte » de soie : un écheveau de soie à l’état naturel de couleur écrue.

En revanche, lorsque le papillon sort, il sécrète un liquide qui tache le cocon et fait un trou dans le cocon qui l’endommage. Le cocon est alors beaucoup moins facile à défaire. Pour éviter cela, le sériciculteur stoppe le cycle au stade de la chrysalide afin de vendre des cocons en parfait état, et au meilleur prix, aux soyeux. (Pas très sympa le remerciement envers ces chenilles…)

Seulement, pour avoir des vers, il faut des œufs! C’est là qu’intervient le métier de graineur qui lui élève les vers à soie non pas pour le fil, mais pour les œufs: les graines de vers à soie. Le graineur est également responsable d’éviter la propagation de maladie chez les vers à soie, en s’assurant que la femelle ayant pondu les œufs n’était pas porteuse de la maladie. Pour cela, ils utilisent un procédé mis en place par Pasteur.

La femelle ne pond que dans le noir, on la met donc sous cloche au moment de la ponte.

Les œufs se développent pendant trois jours, puis il est nécessaire de les maintenir au froid pendant 3-4 mois avant qu’ils ne puissent devenir des chenilles. Cela est tout simplement lié au cycle de vie des chenilles dans un milieu naturel: durant l’hiver, les chenilles ne pourraient pas se nourrir, les œufs attendent le retour des « beaux jours ».

Les vers à soie (bombyx du mûrier), qu’ils soient chenille ou papillon bougent très peu, et ne pourraient pas survivre dans la nature, incapables de se déplacer sur une branche de mûrier à la recherche d’une feuille pour se nourrir. En revanche, en Asie d’autres vers à soie sont capables de vivre à l’état « sauvage », font de plus gros cocons, et produisent la soie sauvage. En revanche, sur ces cocons (dont quelques spécimens sont visibles à l’atelier), le fil ne peut pas être défait aussi facilement: il est nécessaire de faire tremper le cocon dans l’eau chaude avant de carder le fil de soie comme on le ferait avec de la laine.

Impression sur soie

Le deuxième atelier présentait donc l’impression sur soie: dans un premier temps l’impression avec des planches, puis l’impression « au cadre » ou « à la lyonnaise ».

Pour imprimer sur la soie, les imprimeurs ont d’abord utilisé des planches de bois gravées en relief. La fabrication du relief de la plaque se faisait par moulage. Ces plaques étaient également pourvues de repères permettant de reporter les motifs plus aisément sur tout la surface du tissu.

L’imprimeur étirait sa soie blanche sur des grandes tables de 25m de long, déposait l’encre dans un tamis (un par couleur), puis tapait la planche sur l’encre comme on le ferait avec un tampon.

Il plaçait ensuite la planche sur la soie en respectant bien les raccords de motifs, à l’aide des repères laissés par le graveur, et la frappait avec un maillet.

Il la déplaçait ensuite pour continuer le motif après l’avoir encrée, toujours en s’aidant des repères pour bien placer le motif.

Une fois la première couleur terminée, il faisait de même avec les autres couleurs en utilisant une planche différente à chaque fois.

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Plaque à relief pour impression sur soie – Musée de Bourgoin Jallieu

Plus tard, s’est développé l’impression au cadre. L’imprimeur pose le cadre sur la soie. Une toile tendue à l’intérieur du cadre représente le motif à imprimer, comme avec un pochoir, les zônes où la couleur doit être déposée sont constituées de gaze qui laisse donc passer l’encre. Il place de la couleur dans le cadre et avec l’aide d’un racle, il l’étend sur toute la surface du cadre. La couleur traverse les mailles de gaze du cadre.

Ne pouvant pas faire tremper la soie comme on le ferait pour une teinture, une fois les différentes couleurs déposées, celles ci sont fixées à la vapeur d’eau. Ensuite, la soie est lavée pour retirer l’apprêt ajouté à l’encre pour l’épaissir (qui donne un effet cartonné à la soie), et retirer dans le même temps les excédants d’encre.

Cette technique d’impression au cadre est toujours celle utilisée pour la soie, même si les cadres ne sont plus en bois mais en métal, et si ils sont soulevés et déposés par des machines.

L’impression traditionnelle mécanique au rouleau est réservée pour des impressions de 500m de tissu minimum, ce qui n’est pas compatible avec le besoin en impression sur soie.


Si vous habitez Lyon et les environs, le Marché est encore présent demain et dimanche: n’hésitez pas à y faire un tour, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux, des grands mais aussi des plus petits!

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